Page blanche. A. vient de poster et son texte m'a inspiré. Je dois en écrire un dans les plus brefs délais. Je me lance, merci A.

Je suis l'enfant bavarde qui ne s'est jamais tue  depuis le jour où elle a ouvert les yeux  en parlant  la langue de sa culture avant celle de son pays d'adoption.. La langue de ses origines a été oubliée, perdue lors des passages de frontières en frontières depuis les steppes Anatoliennes jusqu'au pays du soleil couchant.
Si la langue fut oubliée l'Histoire fut entretenue, embellie. Pays mystifié que celui que nous n'aurions jamais du quitter.

Je suis l'enfant heureuse grandie dans un cocon dans lequel tout était beau et sans défaut car tout passait par un sas avant de me parvenir. Le gardien, mon père veillait à ce que le chemin soit sans ornières.

Je suis l'adolescente dont l'horizon était toujours bleu. Point de nuages jusqu' au départ de celui qui faisait ma force.

Je suis la femme conciliante faisant la part des choses. 

Je suis la femme moins conciliante fatigué de faire la part des choses.

Je suis la femme plus conciliante  du tout qui ne fait plus la part des choses.

Je suis la femme qui a fermé voire cadenassé plusieurs portes pour en ouvrir d'autres qu'elle a choisies.

Je suis celle qui n'a plus peur et ça me fait parfois très peur.