Au bout d’un moment, après avoir tourné autour de son nombril, évacué le trop plein, vidé l’évier sale, aéré les cellules, on devrait pouvoir passer à autre chose non ?

Je ne sais pas. Pour le moment, j’apprivoise mon clavier, mon appréhension de la page blanche. Je pense à mon amie H. et à toutes ses contraintes. Cela me fait sourire évidemment. Je me reconnais tellement dans ses contraintes ! D’autant plus qu’aujourd’hui je me suis observée en plein piège. En train de me piéger moi-même. Faisons bref. Attention je vais raconter ma vie, vous pouvez passer votre chemin. Mon cher et tendre avait amené un ami à dormir la nuit passée. Déjà, point positif, je n’ai pas fait à manger pour eux, ils devaient rentrer tard, je n’avais ni envie de cuisiner ni d’attendre et mon doux et tendre ne m’impose pas cela, il m’a bien dit ne te prends pas la tête on mangera un truc en route, mets juste les draps sur le lit d’appoint pour que je ne te dérange pas, je ferai le lit moi-même.
Ce que je fis avec une vague culpabilité. Que j'essaie d'envoyer promener mais la garce, elle s'accroche. J’ai vaguement attendu puis je me suis couchée. Réveillée par la toux douloureuse de mon aimé, j’ai été submergée par une vague de tendresse. En ce moment je suis pétrifiée de trouille. Alors la toux de mon fumeur de mari, même si je sais que c’est un refroidissement, ça me pétrifie. Au matin pour faire bonne mesure, et probablement aussi dire mon amour, et la tristesse de ne pas l’avoir accueilli la veille,  j’ai préparé le petit-déjeuner. En grand évidemment. Cela ressemblait plus à un joli brunch. Et me suis même enquiquinée à faire un cake salé, une omelette for élaborée et plein d'autres choses encore... Doux et tendre a entendu et est venu mettre la main à la pâte. Il devait peut-être savoir que j’allais déchanter en découvrant son invité… Effectivement j’ai déchanté, c’était un rustre. Un vrai.

Bon j’ai envie de tricher, je n’ai pas envie de raconter ce qui s’est passé. Rien de grave, je sais recevoir même un rustre, me désolant que mon aimé ait à se coltiner ce genre de gars…

Après coup, ma demoiselle qui a assisté à la scène m’a dit, "la prochaine fois, on ira déjeuner dehors toutes les deux." Ma demoiselle a une finesse qui chaque fois m’ébahit. Suis-je capable de déserter ? La voilà la vraie question. Cela te dit quelque chose n’est-ce pas H. ?