Quand j'ai lu "Je suis l'Italienne" le billet de H.,  j’ai aimé l’imaginer en train de faire son café au milligramme près, dosage respecté, gestes maîtrisés. Mon voisin du rez-dechaussée dont je hume le café – délicieuse odeur qui parvient jusqu’au 2ème-  doit le faire, tous les matins, avec la même concentration, délectation.

Je me suis demandé s’il y avait une chose que je faisais avec autant de méticulosité.

Sûrement pas le café. Ni le thé.  Ni la cuisine. Ni le ménage. Ni mon boulot. Ni la vie ? J’ai pourtant la même cafetière depuis que je suis arrivée dans mon nouveau pays mais je n’ai jamais fait attention au dosage ou à peu près. Mon café n’a jamais le même goût. Difficile de dire qu’il est bon.

Je me demande souvent pourquoi je mets autant d’à peu près, même dans le café. 
Illumination quand il est réussi. Comme dû au hasard. Comme une obsession à se raccrocher à l’idée que le hasard, l’à-peu-près, fait bien les choses. Une envie de ne pas se contraindre, même dans le café ? Peur de la répétition ou de la maîtrise ?

Pareil pour les recettes de cuisine. Pourtant j’ai une balance. Mais je ne suis jamais les mêmes recettes, ni les mêmes proportions. Ce qui fait que je n’ai rien de précis à léguer. Pas de « le gâteau au chocolat » d’Ada. Si parfait. Jamais refait.

Par contre je suis très concentrée quand j’écoute autrui ou que je fais l’amour. C’est un bon début. Finalement.