Consigne du 3 juin

Des femmes il y en a plein, mais les bonnes femmes chez moi,  on les  croisent  rue du Mexique, ou place du grand Socco.  Elles trainent à leur suite à chacune de leurs sorties  leurs  morveux piailleurs dans les poussettes, leurs petites pisseuses qui ne se sont pas encore décidées à s’enfoularder comme leur mère,  ainsi que les filles en âge de se marier et qu’on expose dans l’espoir de voir affluer les prétendants.

Les plus jeunes, petites ados pas encore très formées sont autorisées à s’habiller court et  à se serrer un maximum dans tout ce qui est portable et moulant.
Sursis accordé et pris au pied de la lettre,  comme l'ivrogne qui s'éclate avant qu'arrive le mois de ramadan.

Quant aux futures bonnes femmes, les « prêtes à marier » actuelles, elles  se meuvent lascivement, la tête soigneusement couverte mais le postérieur prometteur, bien mis en relief à chaque pas, par un rebondissement calculé,  sous un jean ou sous une jellaba peu importe, l’essentiel étant de le faire parler, de lui donner de la vie, de lancer des appels code-phares  dans  ce grand domaine mixte et excitant qu’est la rue.

Si la concordance des temps et le théorème de Thalès les ont peu touchées en classe,  elles ont par contre parfaitement assimilé le fait que les hommes en général sont plus sensibles à la performance d’un déhanchement qu’à une quelconque performance cérébrale.